Un peu d’Histoire…

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HISTOIRE (courte) de AMANA

Bien que créée par des missionnaires catholiques et longtemps animée par des prêtres et des laïcs chrétiens, AMANA a été, dès ses débuts, une association non-confessionnelle, inspirant la collaboration de toutes les bonnes volontés et accueillant tous les immigrants s’adressant à elle, quelle que fut leur culture et leur religion

La séparation du confessionnel chrétien et des activités proprement dites fut alors un principe important de réflexion et d’action mis en pratique par AMANA. Cette attitude n’a pas été étrangère au succès de AMANA dans les années 50 et 6O, pour agir sur les institutions, pour obtenir le soutien des autorités politiques ou administratives, de la presse et de l’opinion publique, des mouvements professionnels et syndicaux

Les Kabyles avaient été les premiers Africains à venir en France, en groupes compacts, pour s’embaucher. Leur arrivée est signalée dès 1910. La guerre de 1914 ne fit qu’amplifier leur migration, si bien qu’entre les années 1920 à 1930, leur nombre s’éleva à 80 000. Très tôt, des laïcs chrétiens français (Massignon, Jean Scelles, Garric et ses Equipes Sociales, et, plus tard, le Kabyle chrétien Louis Rouani) s’intéressèrent à cette population, leur proposant des cours du soir d’alphabétisation et d’aide à l’intégration

Le vrai départ

Tout partit pour de bon quand le Père G. Letellier, arrivé à Paris en 1945 put faire croître le grain jeté en terre. Il s’emploie d’abord à fonder une Association loi 1901. Elle est agréée le 17 Décembre 1945. Le sigle choisi, AMANA est, en français, l’acronyme de « Assistance Morale Aux Nord-Africains » et en arabe, c’est un mot qui signifie « Confiance »

Un local est trouvé en Mars 1946, Quai des Célestins, dans un immeuble à loyer modique car il est destiné à être détruit ultérieurement. On l’inaugure quinze jours plus tard : dans la fine équipe il y a, avec le Père Letellier, M. Thomas, bientôt remplacé par M. Landry comme Secrétaire, M. Gondolff propagandiste et M. Ben Addi Salah « planton », intermédiaire indispensable pour le contact avec les intéressés. De 15 visiteurs en avril-mai, ils sont 250 en décembre !

Ça ne chôme pas à AMANA : plusieurs centaines de lettres et de démarches sont faites – non sans succès – pour les nord-africains qui se sont présentés : la plupart ont trait à des allocations familiales ou à des assurances sociales en retard ou en souffrance, des papiers d’identité à obtenir des communes d’origine, des accélérations de dossiers dans les services compétents ; environ deux cents hommes ont été placés par les soins de AMANA surtout depuis Septembre grâce à un certain nombre de relations acquises depuis l’ouverture avec divers chefs de personnel dans des usines

Les nord-africains continuent à affluer en France : à partir du mois d’août 1946, une moyenne de 1 500 à 2 000 par semaine. Bon nombre d’entre eux ne sachant pas un mot de français, le Président met au point un test qui permettra de donner quelques indications générales sur leurs capacités aux employeurs ou aux services auquel on les adresse

A la permanence de l’Association il faut payer deux employés et un planton engagés à plein temps. Il faut donc trouver environ 30 000 FRF par mois pour les payer. On y arrivera grâce à un en emprunt de 200 000 FRF au départ, aux diverses cotisations de membres bienfaiteurs et de bienfaiteurs extérieurs, plus une subvention de 200 000 FRF de la Présidence du Conseil. Par principe on ne fait aucune distribution gratuite. Il est prévu que tous les nord-africains qui se présenteront en vue d’un service à demander paieront – aussi en principe – une cotisation mensuelle de 5 FRF. On ne se fait pas d’illusion sur cette source de revenus…

En Décembre 1946, le Père Ghys, venant de de Tunisie, et le Père Roly, venant de Tagmount Azouz en Algérie, arrivèrent à Paris pour prendre la suite. Trois ans plus tard, le Père Cuoq vint les rejoindre. Ils habitèrent d’abord 31 rue Friant dans le 14ème, puis s’installèrent au 20, rue du Printemps, Paris XVII, en 1950

AMANA allait enfin se développer. Elle allait disposer de deux modestes locaux :

  • Au Quai des Célestins, ce qu’ils appelaient le « Bureau Populaire », pour un cours du soir et une œuvre de jeunes : le Sahel Parisien,…
  • Et à la rue Barye dans le XVII°, pour y développer un centre d’Etudes Sociales Nord-Africaines (E.S.N.A.)

Une action plus vaste était possible. Il fallait trouver davantage de collaborateurs salariés ou bénévoles. La voie suivie par le Père Ghys, qui était l’ani­mateur de l’équipe, s’inspirait de celle des Secrétariats Sociaux de France, qui furent à la base, entre autres, comme on le sait, des Semaines Sociales de France. Cela suscita alors tout un réseau à travers plusieurs régions de France

Le public de AMANA s’élargit avec l’amplification de l’immigration : les cours du soir fré­quentés aux origines par les seuls Maghrébins le furent bientôt par les originaires du Sud-Est Asiatique, par un nombre croissant de Sénégalais, de Maliens. Aux cours d’alphabétisation de AMANA, 80% des participants viennent alors d’Afrique Noire. Pour répondre aux besoins, et fidèle à ses ori­gines, AMANA créa un Centre professionnel, rue Haxo, puis un autre Porte de la Chapelle, qui fut fermé en 1982. Très fonctionnel, doté d’ateliers modernes, ce Centre accueillait par priorité les migrants en provenance de tous les pays du Tiers-Monde : Maghrébins en grand nombre, Turcs, Maliens et autres Africains Noirs, Erythréens, Asiatiques du Sud-Est et même un Israélien